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L’aventure « En catimini »

lundi 29 septembre 2014, par Côme DÉTOUR


Une interview d’Aymeric Polony (AP), journaliste à « La noix », journal satiro-enigmo-sarcastique de la presqu’ile de Paris...


AP : Côme, qui es-tu ? Un garçon, simplement...


AP : C’est tout ? Oui...


AP : Bon, d’accord ... Mais, tu viens d’où ? Je suis né en Cotentin, petit bras de terre étendu en mer...


AP : C’est là que tu vis ? Non... Après être passé par Orléans, Lille et Rambouillet, je vis maintenant en région Parisienne.


AP : Ou ? Cela ne te regarde pas.


AP : Bon, ok (ça ne va pas être commode cette interview)... Tu as quel âge ? Côme est né il y a environ un an... ;)


AP : D’accord ... Sur ton album ou ton site, on ne voit pas ton visage, pourquoi ? Comme l’âge, un visage c’est déjà un message... Qu’on le veuille ou non, un visage a des connotations dont chacun se fait l’interprète (souvent sans appel)... C’est uniquement ma musique, mes chansons que je souhaite faire passer...


AP : Parlons de l’album « En catimini », pourquoi l’avoir nommé ainsi ? Depuis longtemps, je fais de la musique en solitaire et en cachette... Même mes plus proches ne savaient pas ou quasiment pas...


AP : Quand même, pourquoi se cacher de tous ? Par pudeurs et complexes, sans doute...


AP : Complexes ?! La musique a été un rêve prégnant d’enfant... Il m’a fallu attendre d’avoir déjà bien entamé ma vie d’adulte pour m’y mettre seul. J’ai commencé à déchiffrer et pianoter des partitions (notamment celles de William Sheller). Puis, très vite, je me suis mis à bidouiller des petits trucs à moi. C’est devenu une passion, allant parfois jusqu’à la manie obsessionnelle ! Alors, ne pas avoir de formation, de technique m’a beaucoup complexé... Me considérant piètre musicien et instrumentiste, je n’osais pas faire écouter...


AP : « Bidouiller » des petits trucs, cela veut dire quoi ? J’ai découvert la MAO (Musique Assistée par Ordinateur) en 1995. Cela m’a permis d’enregistrer les petits morceaux que je faisais pour éviter de les oublier. Puis, à l’étape suivante, je me suis mis à orchestrer, arranger, composer toutes les lignes (piano, basse, violons, batterie, etc.)... La MAO, c’est comme un super enregistreur...


AP : Si je comprends bien, c’était essentiellement de la musique instrumentale ? Oui... Ces morceaux, allant de la simple idée – une ligne de piano – à des orchestrations plus fournies, sont stockés dans mon ordinateur dédié à la musique. Cela représente plus de 300 bribes qui ont toutes un point commun : Jamais rien de fini ou finalisé ! Je ne sais pas terminer !


AP : Comment es-tu passé de l’instrumental à la création de chansons ? C’est une longue histoire... D’un côté, j’écrivais des textes, des petites histoires et de l’autre, je faisais de la musique instrumentale, sans jamais réunir les deux...


AP : Vois-tu, les lectrices à « La noix » aiment les histoires... Je t’écoute... Début 2011, Je me suis laissé embarquer dans un projet de groupe ayant pour objectif de faire des créations originales plutôt que des reprises. J’étais stressé de jouer avec des musiciens amateurs de très bon niveau mais motivé par le fait de pouvoir faire jouer en « vrai » certaines de mes créations. J’ai proposé le morceau « Allez ! Allez ! » qui s’appelait alors « Sortir ». Les paroles n’étaient pas terminées mais, en l’absence de chanteur ou chanteuse, cela ne posait pas de problème. L’accueil du groupe fût enthousiaste, cela m’a énormément rassuré sur ma capacité à créer des chansons. Puis, un différend « artistique » m’a amené à quitter rapidement ce groupe. Je suis donc parti avec l’intention de produire quelque chose seul ! S’en est suivi une période de repli et d’intenses créations, 2011-2012...


AP : Oui, sur l’album, les morceaux sont souvent datés de cette période-là... Je me suis mis à composer, écrire, orchestrer, arranger comme un dingue avec en ligne de mire : Enfin, finaliser et terminer quelque chose !


AP : Tu as donc fait des maquettes ? Oui... Fin 2012, c’est plus de 40 chansons ou idées de chanson qui ont été créées et enregistrées... J’ai contacté Patricia pour qu’elle vienne enregistrer les chœurs sur certaines maquettes (je n’avais pas encore enregistré ma voix)... Ce fût une sacrée expérience ! Patricia s’est appliquée à suivre mes indications lors de cette séance conviviale mais néanmoins exigeante... Le souvenir de cette journée est désormais gravé pour longtemps...


AP : Puis, tu enregistres ta voix ? Cette étape me terrifiait. Car, certes, j’aime chanter mais je ne m’étais jamais réellement entendu... Et là, à fortiori, il fallait le faire sur mes propres chansons, c’est à dire sans repères ! Vois-tu, le timbre de voix, c’est comme la beauté : une injustice ! Ça passe ou ça ne passe pas... Alors, j’ai chaussé mon casque, lancé la musique et appuyé sur l’enregistreur... Une fois terminé la prise du chant de cette première chanson, je n’osais pas écouter !!! Direction ma cuisine pour prendre un réconfortant (2 cognacs cul sec !) avant d’affronter la vérité... Retour devant mon ordi... Rembobinage... Réglage du volume... Prêt... Alea jacta est !... Je clique sur le bouton « Play »...


AP : Ensuite, comment passes-tu de ce stock de chansons à l’élaboration de l’album ? Mes chansons étaient bien au chaud dans mon ordinateur ou dans ma tête et cela m’allait très bien, cela me suffisait... A vrai dire, c’était plus un rêve d’album qu’un projet concret à ce moment-là...


AP : C’est quoi le déclic alors ? Qu’est-ce qui va t’ammener à produire l’album "En catimini" avec des moyens professionnels ? Une rencontre.... La « souffleuse d’étincelles »... Linda...


AP : C’est-à-dire ? Linda adorait les chansons que je lui faisais écouter... Bien plus décidée que moi, elle m’a sans cesse relancé pour avoir des enregistrements de ces chansons (Tout comme ma sœur d’ailleurs)... Je lui rétorquais que graver directement de mon ordinateur à un CD était de piètre qualité. Alors, elle s’est mise en recherche d’un professeur pour que j’apprenne les balances, les mixages, les compressions et toutes ces choses indispensables à la restitution d’un album sur CD.


AP : C’est donc elle qui t’a poussé à prendre des cours ? Oui... Et je crois que sans elle, l’album en serait encore à l’étape du rêve...


AP : Que se passe-t-il ensuite ? Fin 2013, un professeur est arrivé chez moi pour me donner une dizaine de cours... C’est Benoit PIMONT, musicien professionnel, artiste, multi-instrumentiste et professeur de MAO... J’ai beaucoup appris de ses cours certes, mais surtout, j’ai compris que l’enregistrement d’un album, c’est un métier qui nécessite des années de formation ! On ne s’improvise pas ingénieur du son, preneur de son ou arrangeur...


AP : Tu proposes donc à Benoit Pimont de travailler sur l’album ? En fait, pas tout de suite car si j’avais compris que Benoit rassemblait toutes les compétences nécessaires, je n’osais pas lui demander... Mes complexes, toujours mes complexes... C’est ainsi qu’avant le 8ème cours, Linda a insisté pour que je propose le projet à Benoit... Au 9ème cours, je ne lui avais toujours pas demandé ! Du coup, je me rappellerai longtemps du 10ème cours ! Benoit et moi sommes devant mon ordinateur musical... Linda s’est arrangée pour être présente, elle est postée dans l’embrasure de la porte... Pas le choix, je fais maladroitement ma demande à Benoit, genre : Je m’excuse de lui demander pardon mais si éventuellement, sans le déranger, il acceptait de travailler sur un album avec moi... Lui me répond juste « Faut voir, fais écouter... »... Là, j’étais tétanisé, c’est comme si je passais une audition... Je ne pourrais dire ce qui s’est réellement passé pendant l’écoute de 2 ou 3 morceaux : Je regardais mes pompes ! A la fin de l’écoute, Benoit a juste dit : « Ok, grave-moi les maquettes de ce que tu as pour voir ou en sont les morceaux puis je te ferais une proposition d’intervention »...


AP : Le projet d’album a véritablement démarré à ce moment-là ? Oui... Il s’en est suivi 5 mois de travail avec Benoit... Dans la semaine, Benoit réenregistrait et arrangeait les morceaux. Il a notamment joué toutes les basses, toutes les guitares pour que cela sonne plus vrai. Les dimanches, je prenais le taxi (j’avais une jambe dans le plâtre à ce moment-là) pour me rendre chez lui car il dispose d’un véritable studio à domicile ! Il me faisait écouter, me proposait des arrangements que nous peaufinions ensemble et nous avons enregistré les prises de voix. Un travail titanesque !


AP : C’est la première fois que tu travaillais avec un professionnel ? Oui... Autant, j’étais fébrile sur mes compos, mes mélodies, mes textes, autant j’étais sûr de moi sur le chant... Et c’est exactement le contraire qui s’est produit... ! C’est sur les enregistrements de voix que Benoit m’a fait le plus bosser ! Il me faisait reprendre parfois 10 fois la même phrase pour qu’elle soit juste, bien calée, audible et compréhensible...


AP : Après avoir fait ta musique seul si longtemps, cela n’a pas dû être évident pour toi de travailler avec quelqu’un ? Benoit est un professionnel... Il a fait preuve d’une grande rigueur et d’un souci du détail qui m’a impressionné. Très respectueux de mes musiques, il s’est appliqué consciencieusement à restituer l’esprit des chansons et mes lignes mélodiques à la note près. Nous avons échangé nos points de vue sans jamais vouloir forcer l’autre... Je me suis souvent rangé à ses conseils... Il m’a toujours écouté et il cherchait à comprendre ce que j’avais en tête... Ses apports ont été très importants notamment sur Colombine, Maussade, Vierge et Barnum ou les environnements qu’il m’a proposé ont colorié, surligné les chansons avec un extraordinaire relief.


AP : Tu as un exemple de cette complicité et du travail avec Benoit ? Oui, par exemple sur « Vierge »... Je lui avais gravé la maquette dont l’arrangement n’était pas abouti. Je n’avais pas réussi à reproduire l’idée précise que j’avais en tête... Une semaine plus tard, Benoit m’a proposé un premier arrangement en me disant : « je l’ai fait mais je n’en suis pas convaincu... » En effet, cela ne collait pas et Benoit était humblement embêté... Moi aussi, et pour cause ! L’arrangement que je lui avait passé ne pouvait que l’induire en erreur ! Alors, je lui ai proposé de lui jouer « Vierge » au piano pour lui transmettre l’esprit que je souhaitais donner à cette chanson... En moins de 2 couplets joués et chantés sur son piano, il avait saisi ! Il avait compris ! La semaine suivante, il me livrait l’environnement de la version le l’album... Nous avons ensuite beaucoup travaillé sur la montée dramatique des couplets et le pont avant le final... Petite anecdote sur cette chanson : La prise de voix a été faite en une prise ! J’ai tourné le dos à Benoit et Linda pendant l’enregistrement ce dimanche-là... Et j’avoue, j’avoue avoir pleuré pendant la prise de voix, submergé par l’émotion... A la fin de l’enregistrement, après avoir repris un peu le dessus, je me retourne pour découvrir, dans le silence, une Linda en larme et un Benoit tout chose...


AP : Et la création de la pochette... Qu’en est-il ? Nathalie, une proche qui connaissait mes chansons, a accepté de s’occuper de la création graphique de l’album. Il faut dire que je n’avais aucune idée de pochette ou de site... Après 2 mois, l’équipe graphisme qu’elle avait constitué avec Thomas et Julie m’a soumis pas moins de 7 maquettes !


AP : Il y avait donc la pochette dans ces maquettes ? Non... En vérité, malgré la qualité du travail accompli par l’équipe graphisme, j’ai été déstabilisé par ces visuels auxquels je n’étais pas préparé... C’était difficile pour moi de coller une image à mes musiques... J’ai souhaité alors prendre un peu de recul pour me faire à l’idée... 2 nuits plus tard, j’ai rêvé la pochette dans le moindre détail ! Dès le lendemain matin, j’expliquais à Nathalie, Thomas et Julie les contours de ce que je voulais. Charge à eux de reproduire ce que j’avais imaginé ! Ils se sont acquittés de la tâche à la perfection, avec professionnalisme... La pochette était née...


AP : Voilà, tu as l’enregistrement, la pochette... Que manque-t-il ? Le mastering et le pressage... Je fais alors une rapide étude sur Internet... Je sélectionne l’équipe professionnelle de Master Lab System à Nantes... Voilà, le devis est accepté... Benoit télécharge les mix et nous attendons la version masterisée...


AP : Ronan CLOAREC de Master Lab System a la réputation d’être un des meilleurs ingénieurs du son en Europe, j’imagine que ce mastering s’est fait aisément ? Pas tout à fait ! J’ai refusé la première mouture du mastering... Ronan avait calibré ce mastering à la mode du moment (Basses et percussions surdimensionnés dans les graves notamment)... J’ai contacté Ronan et nous en avons discuté. Il a accepté de refaire le mastering pour qu’il soit plus proche de mes aspirations... Je l’en remercie encore...


AP : Voilà, ton album est finalisé... La suite, c’est quoi ? L’étape la plus cruciale : L’accueil et le feedback de mes proches... Je leur envois l’album en pensant que s’ils n’aiment pas, je n’irai pas plus loin en terme de diffusion...


AP : Comment tes proches vont-ils accueillir « En catimini » ? De façon dingue ! Les 2 ou 3 semaines nécessaires à la réception et l’écoute de l’album ont été pures folies ! J’ai reçu des textos, des mails, des clins d’œil, des appels (parfois chantant), des témoignages d’écoute en boucle, des Post sur Facebook, des courriers et même les premières commandes ! J’avais tellement besoin de l’assentiment de mon entourage pour aller plus loin, pour oser faire connaitre, pour diffuser...


AP : Excuse-moi d’être un peu direct... Mais n’y-a-t-il pas prétention à vouloir diffuser ton album ? En fait, je ne sais pas...


AP : Tu te poses la question ? Je ne cesse de me la poser... Rester confidentiel ou tenter de diffuser ? Ceci dit, maintenant l’album existe, il est à disposition... Alors, en définitive, ce n’est plus à moi de le dire...


AP : Et cette histoire de pseudo « Côme DETOUR » ? Il me faut protéger ma vie personnelle et professionnelle...


AP : Parce que tu crois au succès de l’album ? Sérieusement, non... Mais il convient d’être prudent tout de même !... Comme le disaient les Monty Python : « On est jamais déçus quand on s’attend au pire »...


AP : Et le pire pour toi, ce serait quoi ? A bien y réfléchir : le pire serait que l’album marche...


AP : Alors ça, ce n’est pas banal ! La popularité, ce n’est pas mon rêve... Je n’ai pas de vision extravagante de succès... Pas même d’envie de concert... Je ne veux pas être exposé... je ne cherche ni gloire ni argent... Juste, j’aimerai pouvoir continuer à créer et produire si cela plait...


AP : Quel est ton souhait alors ? Simplement, que l’album « En catimini » soit assez diffusé et/ou acheté pour pouvoir financer l’enregistrement du 2ème album... Car, s’il y a suffisamment d’auditeurs, ça vaut la peine d’entreprendre une telle aventure, c’est motivant de travailler sur un nouveau projet en étant attendu... Voilà, c’est tout...

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